Clins d'oeil

L’image de l’écrivain

© Vincent Billington
© Vincent Billington

Depuis quelques semaines, j’avais envie d’évoquer le sujet de l’écrivain. Pas tant celui qui écrit que la personne qui se cache derrière son stylo, derrière son clavier. Certains commentaires à cet article m’encouragent dans ce sens.

Le plus souvent, l’image de l’écrivain est celle d’une personne sérieuse, derrière un écran ou stylo à la main,  entourée de livres et de dictionnaires. Image romanesque ou proche de la réalité ? Oui, bien sûr, l’écrivain écrit. Mais il ne fait pas que ça. Rédiger un certain nombre de pages par jour n’est pas obligatoire, car le processus de l’écriture ne se contente pas d’aligner des mots sur une page blanche. En amont (et même pendant), il y a la réflexion. Ceux qui parmi vous écrivent le savent bien.

Mais là n’est pas tant le sujet que de savoir ce que vous avez comme image de l’auteur. Alors… Qu’évoque pour vous ce mot ? Un être mystique et insaisissable ? Une réalité que vous cotôyez sans vraiment la comprendre ? Un mode de vie ? Autre chose ?

Et, question bonus, pourriez-vous vivre avec un écrivain ? Pour ma part, je suis tellement plongée dans l’imaginaire que peu parviennent à entrer dans ma bulle ; par conséquent, si je n’étais pas écrivaine, je pense que j’aurais du mal à vivre avec quelqu’un perdu dans son monde sans que je comprenne pleinement pourquoi.

Je suis curieuse de lire vos réponses…

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33 réflexions au sujet de “L’image de l’écrivain”

  1. Je vis avec un écrivain , pas un qui publie mais un qui pratique l’ acte d’ écrire : dépouiller des tas de lettres de ses parents disparus tôt, trop tôt, rédiger un journal mensuel envoyé à une quinzaine de proches (famille et amis), se pencher sur une « histoire de ma mère » corrigée, re-corrigée encore et encore . J’ aime cette bulle . J’ y ai ma place. En cette minute, il a quitté la chaise devant le bureau et je l’ aperçois, assis sur le bord du lit, plongé dans un livre : il y cherche sûrement le poëme ou la citation qui accompagnera son écrit.
    Quand je lui ai demandé tout à l’ heure : « tu fais quoi, cet après-midi ? « , il m’ a répondu d’ un air gourmand : » j’ vais bouiner mes p’tits papiers ! »
    Il me fait toujours relire ce qu’ il a écrit.

    1. J’aime beaucoup ta phrase « J’aime cette bulle. J’y ai ma place. » Ce n’est pas toujours évident de se faire cette place, non pas que l’écrivain ne le désire pas, mais parce que l’entourage ne saisit pas toujours l’importance du monde imaginaire.

  2. Je ne crois pas du tout au portrait-type de l’écrivain, ceux qui écrivent sont très certainement aussi divers que les gens de toute autre profession… il n’y a qu’à voir leurs biographies et leurs interviews (écrire au travail, chez soi ou au café, écrire le jour ou la nuit, chaque jour ou par périodes, au crayon, à l’ordi, etc)
    Je crois que chacun est « dans sa bulle » pendant l’exercice de son travail, quel que soit le métier. Quand je suis concentrée sur mon travail, il faut aussi qu’on « crève ma bulle » si on veut m’atteindre 😉
    Mais si j’étais écrivain, je crois que je serais invivable (je me retrouvais bien dans le billet là-dessus ;-))
    D’ailleurs ce n’est que depuis que je vis seule que j’écris… et j’en jouis à fond 🙂
    Mais comme je ne suis pas Olivier Adam ou Annie Ernaux (LOL), j’attendrai que tout mon entourage soit mort avant de sortir de mon anonymat: je n’aimerais pas que quelqu’un soit blessé en se reconnaissant ou en croyant se reconnaître dans mes écrits…

    1. Ceux qui écrivent ou cotôyent des écrivains le savent, mais il me semble que le mythe de l’écrivain perdure tout de même… même si l’on sait que chacun travaille de façon différente.

      La bulle de l’écrivain est toutefois un peu différente d’une bulle de concentration d’un autre emploi. Car il n’y a pas cette dimension fictive. Et, parce que, parfois, l’écrivain donne l’impression de ne rien faire (alors que ça carbure 😆 ) et ça peut agacer celui ou celle qui l’observe.
      (je ne sais pas si je suis vraiment claire, je suis plus douée en fiction qu’en théorie)

      1. oui oui c’est clair, ça carbure 😉
        derrière mon ordi au bureau de la coordination, si j’ai une lettre à écrire aux parents d’élèves, ça carbure aussi, mais ma directrice ne « voit » pas que je travaille 😉

        1. En effet, mais je pensais plus cette dimension de l’imaginaire, cet univers intérieur qui persiste, et qui est plus difficilement appréhendable par celui qui n’écrit pas.
          J’ai bossé par exemple comme bibliothécaire et comme secrétaire, j’étais concentrée sur mon travail, et une personne extérieure peut facilement comprendre ce que je fais si je le lui explique. L’auteur, ben… il ne sait pas vraiment expliquer que « là, je dialogue avec mes personnages ». 😆
          (et je ne dis pas que c’est mieux, juste que c’est différent)

  3. Je partage entièrement l’avis d’Adrienne. J’ajouterai seulement ce paradoxe « Écrire est un pur bonheur, et tant d’écrivains sont torturés par l’écriture » !

  4. Je me retrouve très bien dans ta description : personnellement je vis dans une bulle, je suis complètement plongée dans mon imaginaire qui prend souvent des allures apocalyptiques. Les quelques expériences de vie commune que j’ai eu n’ont pas survécu à ça : j’ai même eu droit à : « entre ta plume et moi, il faut choisir ». J’ai choisi, j’ai gardé ma plume et viré l’auteur de ces mots. J’écris n’importe quand mais quand je sens que ça vient, il faut que je m’y mette sans tarder, ça me démange, ça m’obsède. Ainsi des participations à des ateliers où j’ai les idées comme ce matin, comme la semaine dernière. J’y pense partout, dans le métro, au boulot, au sport… Et je ne suis que rarement satisfaite du résultat, c’est ça le pire. Je commence des histoires, j’ai du mal à les finir.. Lorsque je me relis, je change tout. J’ai une table devant ma fenêtre qui donne sur la rue, je m’étale en général, y’a de tout là-dessus, mais j’écris souvent au stylo avant de passer au clavier…
    J’ai du mal à faire un plan, je pars à l’aventure. Je m’attache trop à mes personnages….
    Voilà, c’est en vrac, comme d’habitude, mille excuses, mais c’est venu au fil des mots…
    Bonne soirée à toutes et tous…

    1. Ah carrément, demander de choisir !
      Je ne fais pas de plan non plus, je me laisse guider par mes personnages. 🙂
      Avant, j’écrivais quand ça venait, mais le problème, c’est que c’est difficilement concialiable avec des enfants en bas âge qui demandent une attention constante. Donc, actuellement, je suis assez frustrée car il m’arrive de devoir me réfréner et là… l’idée s’est envolée.

  5. Écrivain, c’est ma réalité, mon obsession. Je me lève écrivain, je mange écrivain, je dors écrivain. On peut donc dire que je vis pleinement le truc et que ça a depuis longtemps brisé toutes les illusions romantiques que je pouvais concevoir sur la question. Écrire est difficile, particulièrement quand l’on a des ambitions en la matière. C’est un processus long et souvent ingrat qui implique une dévotion conséquente. Mais c’est aussi un plaisir. Plaisir de créer, de faire vivre, de surprendre, de gagner en reconnaissance.
    J’ai plutôt de la chance avec mon entourage qui ne me reproche rien, malgré le fait que j’ai tendance à me montrer distrait et taiseux, puisque toujours un peu dans mes univers.
    Comme toi, Olivia, je pense que j’aurais du mal à comprendre cette passion et, surtout, le temps et les sacrifices que ça implique.

    1. Et penser écrivain, aussi ! De beaucoup de situations, j’imagine une scène de roman, ou bien je ponctue des phrases énoncées d’un « répliqua-t-elle » dans ma tête.
      C’est vrai que c’est un métier ingrat, mais qui apporte tellement de satisfaction lors de la rédaction… satisfaction que je n’éprouvais pas en encodant les nouvelles acquisitions de la bibliothèque ou en répondant à un courrier pour l’avocat. Un réel plaisir, oui.

  6. Me voici enfin!!! C’est un sujet bien intéressant où j’ai envie de répondre!!!
    Je n’ai pas la prétention d’être écrivain, seulement j’aime les mots et depuis que je suis blogueuse j’ai appris à les dompter, je sais il y a encore du boulot mais je m’y applique. Par contre j’ai un comportement d’écrivain, chez moi je suis dans mon monde et je réalise que bien souvent je suis distraite. On me parle et je suis complètement ailleurs. Il m’arrive de râler quand mes enfants s’invitent sans me prévenir à l’avance, alors je suis quelque peu de mauvaise humeur, mais je me rattrape en leur faisant un bon repas hihi!!!
    Souvent je procrastine, j’attends la dernière minute pour mon administratif, et ça rend fou mon mari qui est dans un autre monde que le mien 😉
    J’ai des projets, mais ils sont encore loin d’être réalisés.
    Bon week-end Olivia.
    Domi.

  7. Bon, je répondrai juste à la question : pourriez-vous vivre avec un écrivain ? Non, je ne pense pas. Dans mon entourage proche, sauf une personne, je suis la seule à écrire. Que celui avec qui je vivais écrive aussi serait dur. Je pense que j’y verrai comme une sorte de compétition, je ne cesserai de nous comparer et cela ne serait pas bon. Mais, deux écrivants ensemble, ça peut faire des étincelles comme des choses merveilleuses !

    1. Bonjour et bienvenue !
      Vivre avec quelqu’un qui écrit aussi, c’est vivre avec quelqu’un qui comprend réellement ce que ça représente pour nous.
      Quant à la compétition, peut-être… Si chacun écrit dans un genre très différent, je pense que cela passe mieux, car il n’y a pas de réelle comparaison à faire.

  8. Je pense que ce qui est important c’est de pouvoir s’exprimer (librement), quelque soit le support que l’on utilise. Écrire, est une manière d’exister comme une autre. A travers les mots, on peut voyager, s’évader, s’interroger, etc… Pouvoir faire, et, ou partager des émotions, est une chose importante. Découvrir les univers de chacun est un enrichissement, qui donne un peu plus de sens à la vie.
    Je ne sais pas si je pourrais vivre avec un écrivain, je n’ai pas encore essayé. 😉

  9. Olivia, je m’étais promis de revenir lire tes billets, au calme, en prenant tout mon temps.
    Certes, je pense aussi qu’un écrivain (homme ou femme) est différent. Mais nos écrivains contemporains ne ressemblent plus guère à l’image que nous avons de certains Immortels.
    Vivre avec ce genre de personnage ne me déplairait pas, en aménageant le logis de façon à ce que chacun ait un coin confidentiel lui permettant de travailler.
    Je pense quand même que la plupart de ceux qui écrivent ont une règle de vie, des heures d’écriture et s’y tiennent, comme pour un autre métier.
    Dans le passé, il y a eu beaucoup de couples d’écrivains : je pense à Aragon et Elsa Triolet, à George Sand et Musset, et bien d’autres.
    Ils se comprennent mieux, se soutiennent, et l’un peut inspirer l’autre. Mais de là à entrer en compétition, ça peut devenir vite dangereux et invivable…

    C’est un monde que je ne connais pas mais qui m’intéresse vraiment et qui m’intrigue 😆
    Bonne inspiration
    Bisous d’O.

    1. Ah chic, un avis plus extérieur ! 😉
      C’est vrai que l’image des écrivains a fort changé en quelques années, sans doute parce qu’il y en a pléthore à l’heure actuelle.
      Il faut en effet une certaine discipline, mais surtout se connaître. L’écrivain a cette chance de pouvoir travailler à peu près n’importe où et n’importe quand (le revers, c’est que, justement, ça peut empiéter sur la vie familiale par exemple). Pour ma part, je travaille nettement mieux le soir, ennui, c’est que je ne peux pas rester trop longtemps éveillée, puisque tôt le lendemain matin je dois m’occuper des petits monstres et que je dois être en forme.

  10. Bon, je suis pas vraiment a l’heure, mais cet article m’a fait méditer, presque plus que je ne le voudrais. J’assemble des mots et des idées depuis quelque temps déjà, j’y prends un plaisir incroyable, dans l’exteriorisation d’une germe qui pousse doucement dans mon esprit. On n’écrit pas pour soi, mais « par » soi… Alors c’est vrai, cela rend rêveur, pensif, ou parfois spectateur documentaliste. Il y a une « attitude » propre a l’écriture, c’est indubitable je pense.
    C’est drôle, parce que je ne m’étais jamais posé les questions que tu soulèves ici. Oui, ça fait partie de mon quotidien, mais qui oserait me faire choisir entre mes rêves et son cœur? (« C’est ta plume ou moi », comme commentait quelqu’un ici). Pour moi, cela ne peut être l’un ou l’autre, mais au contraire, c’est terriblement complémentaire!
    Enfin, je suis peut être un peu jeune et idéaliste pour m’enflammer comme ça 🙂
    À bientôt (et continue a nous faire réfléchir!)

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