Coulisses de la langue

Le premier chapitre

© Robert Aichinger | stock.xchng
© Robert Aichinger | stock.xchng

Le premier chapitre est, vous en conviendrez tous, très important pour capter l’attention du lecteur. On pourrait forcer le trait et presque parler des premières lignes, même si ce n’est certes pas une généralité (mais je me souviens d’un roman, par trois fois, j’ai tenté de le lire, par trois fois, dix lignes plus tard, je le reposais, il m’était complètement hermétique).

Lorsque je lis un roman qui débute par une description, j’ai tendance à m’endormir. J’aime être immédiatement dans l’action ou être face à un mystère qui se résoudra à la fin du roman (ou parfois avant).  En tant qu’écrivaine, j’aime commencer par un prologue d’une action qui a lieu plus tard dans le roman, un flash-foward, donc.

D’après vous, quels sont les ingrédients pour bien commencer son premier chapitre, ceux qui happeront le lecteur pour ne plus le lâcher ?

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25 réflexions au sujet de “Le premier chapitre”

  1. Un auteur que j’affectionne particulièrement qui a le don d’écrire un incipit de dingue à chaque début de nouvelle est selon moi Lovecraft. C’est simple, je lis la phrase et paf, je me sens obligée de lire la nouvelle entière.
    Un exemple :
    « Il est vrai que j’ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami, et pourtant j’espère montrer par le présent récit que je ne suis pas son meurtrier. »
    Le monstre sur le seuil.

  2. Effectivement, en tant que lectrice le premier chapitre (les premières lignes) sont décisives ! Parfois je m’accroche et continue, ça peut me permettre d’être happé dans l’histoire, mais je garde toujours un sentiment aigre-doux pour le début ! Et lorsque j’écris, j’essaye de commencer par une action aussi. Pas facile !

    1. Avant, je persistais, mais maintenant, si je n’accroche pas dès le début, j’abandonne. Il y a tant à lire que je n’ai pas envie de perdre mon temps sur une lecture laborieuse. Mais je peux y revenir des mois ou des années plus tard et peut-être que là, la rencontre se fera…

  3. Je ne pense jamais « il était une fois » Le premier chapitre introduit les personnages ou le personnage principal, sans trop le ou les décrire, juste ce qu’il faut. Un évènement insolite qui attire l’attention et fait se poser des questions quant à la suite…. Une suite qui sera encore imprévue au second chapitre…
    Vokilà mon impression personnelle
    Bisous

  4. Je lis de tout et quel que soit le style, le genre, il faut que la première page m’intéresse ! Pour des auteurs que j’aime et que je connais bien, je suis plus patiente mais quand je ne connais pas, il faut que l’accroche soit quasi immédiate, peu importe que ce soit une description, un coup d’éclat, une phrase… Regarde la première phrase de Rebecca de Daphne du Maurier : « Cette nuit j’ai rêvé que je retournais à Manderley »… ça suffit ! 😉

  5. Tout dépend du style. Flaubert débute Bouvard et Pécuchet par une description, mais elle est si fine et subtile que c’en est magnifique. En règle générale, les prologues me sont ennuyeux, un peu trop faciles pour installer un mystère ou un suspens. J’aime plutôt les récits qui commencent sans se préoccuper de l’impact précis, où l’on ne dit pas tout, où il faut accepter d’attendre quelques pages pour savoir où l’on est, à quelle heure, parfois qui parle… Bref, tout ce qui ne fait pas « chapitre 1 : exposition des personnages, du lieu et de la scène », ce que je trouve affreusement bête.
    Mais Flaubert est le meilleur exemple de première phrase brillante qui donne envie de tout lire, à mon avis, que ce soit « C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar » ou « Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert ». ça n’a pas l’air de casser trois pattes à un canard, mais pourtant je trouve ces phrases puissantes !

    1. Eh bien, je vais me faire huer, mais Flaubert m’enquiquine. Voilà, c’est dit. 😛
      J’aime aussi l’attente des premières pages, mais je ne pense pas qu’il faille rejeter en bloc « ce qui fait chapitre 1 », cela doit être bien dosé.
      Dans Bleu du bonheur, j’introduis mon personnage principal après quelques paragraphes, de cette manière : desirdhistoires.wordpress.com/2012/11/03/bleu-du-bonheur-extrait-ii/ et je pense que sa personnalité donne envie d’en savoir plus.

  6. je pense que le meilleur truc c’est une mini intrigue, pas très importante mais qui permettra au lecteur de vouloir aller jusqu’à la fin du chapitre, par exemple commencer par:
     » Il voulait absolument me parler de quelque chose, et cette fois-ci je le sentais mal.  » ou
     » Je marchais tranquillement dans la rue et au passage clouté je m’arrêtais, non pas qu’il y ait des voitures dans ce vieux quartier bordelais mais la jeune femme qui semblait me suivre depuis bientôt 10 mn semblait se rapprocher de plus en plus. »

  7. Coucou Olivia
    J’aime quand le début me fait rire (et qui surprend)

    un exemple La fée Carabine de D Pennac (j’adore ce début)

    C’était l’hiver sur Belleville et il y avait cinq personnages. Six, en comptant la plaque de verglas. Sept, même, avec le chien qui avait accompagné le Petit à la boulangerie. Un chien épileptique, sa langue pendait sur le côté.
    La plaque de verglas ressemblait à une carte d’Afrique et recouvrait toute la surface du carrefour que la vieille dame avait entrepris de traverser. Oui, sur la plaque de verglas, il y avait une femme, très vieille, debout, chancelante. Elle glissait une charentaise devant l’autre avec une millimétrique prudence. Elle portait un cabas d’où dépassait un poireau de récupération, un vieux châle sur ses épaules et un appareil acoustique dans la saignée de son oreille. A force de progression reptante , ses charentaises l’avaient menée, disons, jusqu’au milieu du Sahara, sur la plaque à forme d’Afrique. Il lui fallait encore se farcir tout le sud, les pays de l’apartheid et tout ça. A moins qu’elle ne coupât par l’Érythrée ou la Somalie, mais la mer Rouge était affreusement gelée dans le caniveau. Ces supputations gambadaient sous la brosse du blondinet à loden vert qui observait la vieille depuis son trottoir.

    Bonnes vacances 😉

  8. C’est une vaste question. Tout dépend du thème que l’on aborde, je pense. Par exemple pour un polar, il vaut mieux être dans l’action immédiate. Mais pour un roman, je pense que l’on peut se permettre une description, voire une légère synthèse, afin d’amener le sujet en douceur. ou bien d’autres choses encore. 😉

  9. J’essaie de plus en plus de commencer mes récits soit par de l’humour, soit directement dans l’action. Quelque chose de marquant doit se passer dans la première page, ou bien j’ai mal fait mon travail. Quant aux descriptions des personnages et de l’univers, j’essaie au maximum de les insérer dans le rythme du récit, plutôt que d’en planter une grosse louchée par-ci par-là. Comme toi, en tant que lectrice, je me lasse très vite d’un début lent. Ça influe forcément sur la manière dont on écrit. 😀

    1. Forcément ! J’écris ce que j’aimerais lire. C’est la meilleure manière de faire, pour les descriptions. J’aime placer dans les dialogues des petits détails descriptifs, ça permet, de un, de ne pas lasser par une longue conversation et donner un certain rythme et, de deux, de donner un aperçu des personnages.

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