Coulisses de la langue

Les personnages – les vôtres

Une conversation sur Facebook à propos des personnages m’a donné envie de rédiger un petit article. Non, pas de théorie, pas d’explications sur comment créer un bon personnage (vous trouverez suffisamment d’articles à ce sujet sur le net), mais bien sur vos personnages, à vous, qui écrivez. Comment concevez-vous vos personnages ? D’où viennent-ils ? Sont-ils un condensé de vos proches ? Des êtres complètement imaginaires ? L’une ou l’autre personne réelle ? Sont-ils inspirés d’un autre personnage de fiction ? Et les personnages secondaires, quelle importance ont-ils dans vos récits ?

Pour ma part, il y a un petit peu de tout. La plupart sont imaginaires et je ne pourrais dire d’où l’inspiration m’est venue (quoiqu’ils ont probablement des caractéristiques des proches, mais de façon inconsciente, jamais je ne me suis dit « oh tiens, x est comme ça, je vais décrire tel personnage de cette façon ») mais pour certains (rares, cependant), je sais exactement d’où ils viennent. Des exemples ? Oui, ça sera plus parlant. Michaela Dauclair, dans L’étreinte des vagues, c’est une partie de moi, la partie un peu sombre, tourmentée (ce n’est pas un hasard si elle porte mon troisième prénom). Les personnages des meilleures amies sont inspirées de… sans grande surprise, ma meilleure amie, pas physiquement, mais essentiellement pour la complicité, les rires, l’attachement. Je veille d’ailleurs à accorder une certaine place aux personnages secondaires, si pas en présence dans le livre, mais au moins en contenu psychologique, c’est-à-dire qu’ils doivent aussi avoir une certaine consistance. Dans Bleu du bonheur, le roman que je peaufine actuellement, Daphné Deslaunes a été inspirée par le personnage d’une série tv : blonde et élégante. Il n’en fallait pas plus pour qu’une autre image naisse, et avec elle toute son histoire. Les autres… aucune idée.  Elle, une autre, a été rédigé lorsque j’étais adolescente. Nadia, le personnage central, est par certains aspects, fort immature, et rebelle, comme souvent à cet âge. J’ai fait mourir une personne réelle, dans Au-delà du remords, après beaucoup de souffrances (les miennes, pas le personnage), et ça m’a fait un bien fou. Concernant les personnages de mes nouvelles, je ne vois aucune inspiration consciente, à première vue.

C’est une discussion, que j’aimerais obtenir, avec cet article, n’hésitez pas à développez votre réponse, à rebondir sur les commentaires laissés.

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20 thoughts on “Les personnages – les vôtres”

  1. Bonjour Olivia. Très intéressant votre article. Mes personnages sortent du chapeau d’un magicien (ma mémoire). Je ne les reconnais pas tout de suite et c’est seulement en dédicaçant, en parlant aux gens que petit à petit ma mémoire se régénère. Par exemple dans « Gustave » Pépé Charles est cordonnier et c’est bien après que j’ai réalisé que je rendais hommage à mon grand-père. Et c’est ce qui rend le texte attachant, la sincérité transparait ! Dans tout ce que j’écris c’est du vécu 100% pas forcément mon vécu … mais du vécu et les personnages (réels) concernés ne se reconnaissent pas forcément, par contre d’autres me disent « mais c’est moi » et je ne les démens pas pour ne pas les décevoir. Voilà comment je fonctionne. Amitiés. Annette

  2. ils sortent de rien du tout et puis parfois je me rends compte que je leur attribue des particularités physiques d’un tel ou des traits de caractère d’un autre, ou un vécu ou n’importe quoi qui vient finalement de « la vraie vie de quelqu’un » et qui fait que certains pourraient croire que je parle d’eux, alors que ce n’est pas du tout le cas…
    exemple: ce n’est pas parce qu’un personnage est roux que je parle de mon frère, mais s’il le lisait, ou si ma mère le lisait, ils pourraient le penser (ils le penseraient sûrement)
    ensuite, le fait qu’il soit roux peut m’amener à raconter une anecdote qui a été vraiment vécue par un roux… mon frère ou un autre
    (hm… suis-je bien claire? ;-))

  3. Intéressante réflexion, mais cela sous-entend que tous ces personnages ont des caractéristiques fixes et immuables, leur retire la possibilité (liberté) d’évoluer au cours du livre. Quant à « s’inspirer » d’une personne réelle, c’est à mon sens évident (l’imagination pure et immaculée n’existe pas) – mais les personnages ne sont-ils pas tout aussi réels que les personnes ? Et les personnes s’inspirent elles-aussi des personnages (la vague de suicide provoqué par les souffrances du jeune Werther, pour un exemple capital).

    1. Cela ne sous-entend absolument pas ça, c’est simplement le point de départ d’un personnage, qui, bien évidemment, va évoluer.
      J’avais une idée bien précise de Daphné, par exemple, et à plusieurs reprises, j’ai été surprise de la direction qu’elle prenait. A tel point que je n’ai pu terminer mon roman comme j’en avais eu l’intention.
      J’ai toujours dit que mes personnages étaient réels, qu’ils décidaient de leur avenir, et que je me « contente » de les suivre.

      1. Pour ma part je ne définis jamais mes personnages. Je n’ai pas de point de départ : je les choppe au vol, ne tente pas de les expliquer ou justifier. Je ne parle pas de l’intrigue qui évolue, mais de l’état du personnage : qu’il soit capable de changer d’opinion, de la même façon que n’importe qui. Beaucoup de personnages ont une caractéristique qui les définit : ils sont « tourmentés » ou « généreux » ou « optimistes », ce qui tend à les enfermer dans un caractère, sans possibilité d’être, comme les vivants, joyeux et tristes et bêtes et tendres et méchants. Je n’entend pas les réduire, mais plutôt tous les creuser.
        Quant à la dimension réelle des personnages, je parlais plutôt de leur impact sur le lecteur. On peut les suivre et les apprécier comme des gens matériels.

        1. Je crois qu’en fait, on ne se comprend pas très bien. 😉
          Je ne tente pas d’expliquer ni de justifier mes personnages, je pose une interrogation et donne quelques exemples. En fait, c’est après coup que je réalise d’où l’inspiration est parfois venue. Pour Daphné, je ne me suis pas dit « tiens, je vais créer un personnage en partant de cette actrice ». Non, c’est, plusieurs semaines plus tard, lorsque les premières pages du roman étaient écrites, que j’ai vu un nouvel épisode de la série et que j’ai pensé « tiens, mais elle me fait penser à Daphné ». J’en ai conclu que l’image avait dû s’imprimer dans mon esprit.

          Je ne parlais pas non plus de l’intrigue qui évolue (même si c’est le cas aussi), mais bien de Daphné, qui a révélé un côté doux et tendre, loin de l’image glaciale qu’elle donne. Elle n’est pas enfermée dans une seule caractéristique (distante), elle est complexe.
          Et si je parle de point de départ, c’est en terme d’écriture, quand on commence à écrire au sujet du personnage, pas avoir bâti toute sa personnalité sur un petit carton (c’est une méthode qui réussit à d’autres, pas à moi). Je les découvre au fur et à mesure, et rien n’est jamais figé.
          Je vois pour la dimension réelle, c’est tout à fait vrai. Et je le redis, mes personnages le sont vraiment, pour moi, je les vois, je les vois agir, même si ça sonne un peu farfelu…

        2. Mon intention n’était pas de déterminer de quelle façon tu interagis avec tes personnages (ce serait prétentieux de ma part), je tentais de définir ma position, sans m’opposer à toi.

          Je comprends bien ta relation avec tes personnages, je trouve qu’elle est très fertile, puisqu’elle laisse un champ libre au personnage ! J’imagine qu’on peut donc s’y retrouver en plein d’endroits 🙂

          C’est en tout cas l’impression que j’aie eue en lisant le début de l’Etreinte des Vagues, via welovewords : c’est vraiment une bouffée d’air frais parce que l’on est intrigué comme le personnage, et même si on ne lui ressemble pas, on comprend et ressent ce qu’il ressent.

        3. Je ne l’ai pas pris comme une oppostion, j’ai voulu préciser ma pensée. Car j’ai volontairement mis peu de contenu dans l’article, justement pour pouvoir avoir un dialogue dans les commentaires (sinon, je n’aurais fait que me répéter). Je ne peux pas m’empêcher de parler de Daphné, parce qu’elle me parle, en fait, me hante, presque.

          Ton expression « les choppe au vol » me convient plutôt bien. 🙂

          Oh, merci, 😳 c’est un très joli compliment, me dire que le personnage a su éveiller des émotions ; le côté émotionnel, psychologique est important pour moi.

  4. Comme toi, mes personnages viennent du tréfonds de mon inconscient (ouh là!) et sont sans doute des amalgames de gens croisés, connus, vus, entendus, d’autres personnages, de projections, etc… Il est rare que je m’inspire directement de quelqu’un, pour le côté physique ou psychologique. Récemment, j’ai voulu écrire une nouvelle relativement courte. Trois femmes d’une même famille, mais de générations différentes un après-midi sur une plage. Je ne pensais pas y consacrer plus de quelques pages Et puis ces femmes se sont mises à parler (chacune s’exprime au « je ») et elles sont loin d’avoir fini. J’ai dépassé les cinquante pages. Je ne sais pas du tout où je vais. J’essaie de m’asseoir devant mon écran chaque matin sans idée préconçue ni plan et je me laisse mener. Je ne sais pas ce que je ferai de ce « matériau » au bout du compte. Peut-être un roman? Peut-être rien… Bon, maintenant, je retourne à ma retraite sans internet. Promis juré… 😉

  5. La plupart du temps, mon personnage principal arrive comme ça, sans que j’y réfléchisse, avec un bout de scène comme toile de fond ; un peu comme un diorama. Il en va souvent de même pour les personnages secondaires mais, tout aussi souvent, en partant du personnage principal, je me pose des questions. Qui est-il ? Que fait-il ? Quel va être son problème ? Où vit-il ? Etc. Répondre à ces questions me permet de voir de quel genre d’autres personnages j’ai besoin pour aider le premier, lui poser des problèmes, le renseigner etc. La création des personnages secondaires n’est donc pas toujours aussi spontanée que celle du héros ou de l’héroïne mais, ah ah, ça m’arrange 😛 et ça permet de donner à l’histoire sa direction générale, même si elle est presque toujours appelée à se modifier en cours de route.

    1. C’est vrai que souvent, il y a un morceau de scène, ou un morceau de dialogue, pris sur le vif.
      Par contre, je me pose rarement des questions, et si certaines surgissent, je ne tente pas d’y répondre, je laisse les personnages me guider. Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas là que pour le principal, ils gravitent autour, tout simplement.

  6. bien que n’écrivant pas, du moins pas pour être éditée, seulement dans mon jardin secret où cela se mélange à l’aquarelle, je n’invente guère de personnages – mais je trouve l’article et les réponses intéressants

  7. souvent quand je raconte qq chose d’un fait qui m’est arrivé je compare les personnages à des objets, des animaux quand il y a des émotions, des ressentis

  8. Très bonne idée cette série d’articles participatifs. Mes personnages viennent de beaucoup d’endroits différents, déjà, comme chacun sait je pratique la schizophrénie à partenaires multiples ce qui me procure un stock. Sinon ils naissent souvent d’un mot où d’une réplique comme les quelques histoires écrites pour les défis : il me vient une idée de réplique, l’environnement l’histoire et les personnages s’articulent autour. Ils peuvent être liés à un événement qui me touche pour immortaliser un personnage réel (cf radote chez les pépés 😉 ) d’autres sont nés de souvenirs, de personnes connues où croisées à un moment de ma vie dont j’extraie une spécificité, un défaut, une tendance, une qualité, etc. que je fusionne entre elles parfois. Mais en écrivant ce commentaire, je m’aperçois qu’il y à souvent une part d’auto… portrait/dérision/biographie (merci docteur, je vous dois combien ?) J’aime bien tirer à l’extrême sur mes propres défauts où mes réflexions. Bref, j’aurais très bien pu m’arrêter à la première phrase je crois. Bonne journée docteur.

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