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Les auteurs de SFFFH francophones ont du talent

Du 1er novembre au 1er décembre a lieu l’opération « Les auteurs de SFFFH francophones ont du talent ». Autrement dit, sont concernées les littératures de l’imaginaire : Science-Fiction, Fantastique, fantasy et horreur.

Comme vous le savez, je débute dans le genre (mes autres publications sont plus « réalistes ») (même si cette année j’ai écrit deux romans de fantastique et que je viens d’entamer le troisième), aussi je vous propose le début d’un de mes premiers textes de fantastique, intitulé Sous la lanterne rouge. Il vient de paraître dans Otherlands Continuum 2.

Les murmures de la rue à la nuit tombée n’atteignaient pas ses oreilles, tout concentré qu’il était sur une porte fermée. Brutalement Fabian revint à la réalité et expira, il ne pouvait pas rater sa sortie. Les yeux clos, il savoura la brise légère sur sa peau, l’enveloppe maintes fois lue froissée au creux de sa paume. Tant d’années s’étaient écoulées depuis… Dieu qu’il haïssait cette créature ! Le temps ne lui avait pas permis d’oublier, le temps ne l’avait pas guéri. Comment l’aurait-il pu ? Il avait tout perdu !

La nuit était son amie. Loup solitaire, il attendait, planqué dans le recoin obscur d’une porte-cochère, légèrement indisposé par l’odeur de lardons frits qui se faufilait par les interstices. Il risqua un regard vers la maison close et sourit : sous la lanterne rouge, la jeune femme, petite luciole affamée, apparut d’un pas dansant de lutin. Un coup au cœur le fit vaciller ; à chaque fois, sa ressemblance avec… Il secoua la tête, ne pas y penser, l’observa un instant, admira sa beauté, sa légèreté, sans être dupe : le vice et la perversité habitaient ce corps. Une petite pute déguisée en bourgeoise pseudo-intello-libérée, avec son trench-coat rubis. Impression de liberté charmeuse et charmante, un simple leurre pour mieux attirer quelques naïfs loustics, mais lui savait ce qu’elle cachait dans son sac, lui savait ce que son sourire dissimulait et ne se laisserait pas abuser. Il décida de la suivre, avec une fascination morbide, une envie de la prendre sur le fait, presque excité par sa mission. Presque seulement. Car il ne perdait pas de vue le pourquoi, comment l’aurait-il pu ? Il inspira profondément, et murmura d’une voix douce, en pianotant sur ses cuisses :

— L’heure de te venger est arrivée, mon amour.

Elle passa devant lui sans le voir. Il lui emboîta le pas sans un bruit, les yeux fixés sur ses fesses qui ondulaient de façon provocante. Il savait que pour aller à son rendez-vous – un octogénaire avide de chair fraîche – elle devait traverser une portion de la forêt, ce qui lui convenait à merveille. La talonner lui procurait un sentiment de puissance, de grandeur, une exaltation qui le faisait réfléchir plus clairement. Elle ne l’avait pas repéré et le rictus de satisfaction qu’il arborait ne diminuait pas. Cramponnée à son sac en forme de panier – quelle idée saugrenue, songea-t-il, c’était fort laid – elle disparut dans l’obscurité des feuillages. La destination connue, il lui laissa prendre de l’avance, ravi à l’idée de pouvoir la pourchasser quelque peu ; après tout, il avait aussi le droit de s’amuser. Des risques, il en prenait chaque jour, et n’en récoltait aucune gloire, aucun remerciement, alors lorsqu’il pouvait allier travail et plaisir, il ne s’en privait pas.

Accélération, soupir, petit sourire en coin, elle était là, devant, sa longue chevelure se balançant au rythme de sa marche séductrice. Le désir montait presque en lui. Presque. Car Fabian n’oubliait pas ce qu’elle était, oh non, un seul instant de faiblesse et il serait perdu. Patience, encore quelques mètres et le piège se refermerait sur elle, plus que quelques pas, là, voilà, elle bifurqua sans se méfier. Il s’élança, seringue dans le poing, en à peine dix secondes il fut sur elle et lui injecta un mélange de sa composition. Poupée de chiffon, elle tomba dans ses bras. Il la hissa sans douceur aucune sur une épaule et s’enfonça dans la forêt sans un regard en arrière. Il avait tout prévu, localisé le petit chalet abandonné, loin de tout, où ses cris ne seraient pas entendus, une tanière de loup, un repère de chasseur – il était les deux, avide de justice, assoiffé de vengeance. La végétation devenait de plus en plus dense, sa touffeur le fouettait au passage, sa charge le ralentissait – qui aurait cru qu’un corps si menu pèserait si lourd ? mais bien sûr, ce n’était pas un corps normal et il était là pour y remédier. Enfin, elle allait payer pour toute la souffrance apportée.

La porte franchie, il laissa tomber la demoiselle au sol sans aucune considération, lui ôta son trench et ses vêtements. Il balaya la nudité d’un regard appréciateur néanmoins méfiant. Il lacéra la robe légère de quelques coups de couteau mais ne put se résoudre à faire de même avec le flamboyant tissu du trench. Il lui avait appartenu. À elle. Son aimée. Si tendrement aimée…

(…)

J’espère que ce début vous aura plu. Pour lire la suite, il suffit de commander la mini-anthologie (donc quatre histoires) pour la modique somme de 4,80€…
Si vous souhaitez en savoir plus sur mes autres publications, c’est ICI.

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16 thoughts on “Les auteurs de SFFFH francophones ont du talent”

  1. Un très bon début qui donne envie même si ce genre n’est pas ma tasse de thé ! En fait j’aime le fantastique comme le fait Sylvie Germain dans certains de ses livres très réalistes, avec justement une part de fantastique (crédible) qui donne au livre une âme supplémentaire. Dans le genre, je te conseille Tobie des Marais ou l’incomparable ‘Le livre des nuits », non chroniqué tellement je n’avais pas de mots pour en parler… Mais il faut un début à tout et tu t’en sors très très bien, foi d’Asphodèle ! 😆

    1. Merci Isa. 🙂
      Mes deux romans de fantastique ne comportent qu’une part de sunaturel – la base est très réaliste. Bon, je pense que L’abîme au bout des doigts sera trop sombre (voire gore) pour toi, mais Pantin d’écriture devrait t’intéresser. 🙂
      Je note les titres. 🙂

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