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Mon premier NaNo : le bilan

nano

En novembre avait lieu la nouvelle édition du NaNoWriMo. J’en vois qui ouvrent des yeux ronds : qu’est-ce donc ? C’est l’acronyme pour National Novel Writing Month. Mais encore ? En clair : on a un mois pour écrire un roman de 50.000 mots, soit 1667 mots par jour.
Ça doit faire deux ans que je connais l’existence de ce défi. J’ai décidé de participer cette année parce que je traînais un peu à commencer la rédaction d’un nouveau roman (le troisième pour 2014) et aussi pour voir si j’en étais capable. Verdict : je suis tout à fait capable d’écrire 2000 mots par jour, sans me presser et en réfléchissant à l’intrigue, à la manière de formuler mes phrases. Je ne voulais surtout pas tomber dans le piège qui consiste à rédiger le plus possible, au détriment de la qualité. Beaucoup d’anciens nanoteurs l’avouent : ils ont alors un énorme travail de réécriture par la suite. Je n’en vois pas l’intérêt. Bien sûr, il y a toujours des corrections, des suppressions, des ajouts, mais reprendre intégralement mon texte ? Pas question !
Le problème, c’est que si on prend du retard un jour, il faut le rattraper ensuite. Et mon mois de novembre a été un peu bousculé, entre jours de congé pédagogique, férié, de grève à l’école, de maladie (mon aîné puis moi), examens médicaux, contrôle technique et week-ends où j’avais la garde de mes enfants (vis ma vie de maman qui élève seule ses mômes) (en plus du quotidien et des corvées auxquelles personne n’échappe), ça fait douze jours durant lesquels écrire fut vraiment ardu. Et à la mi-novembre, j’étais complètement épuisée. Je n’ai pas atteint le quota des mots à quatre reprises, le pire étant le 28 novembre. Ce jour-là a été particulièrement fatiguant, je suis rentrée chez moi et ai allumé l’ordinateur. Puis j’ai regardé l’horloge. 21h. C’est alors que je me suis dit « Non, ça suffit, t’es claquée, tu ne vas pas te forcer encore un soir à écrire plusieurs pages dont tu ne seras de toute façon pas satisfaite ». Ecrire pour écrire, au détriment de la qualité, ça ne me convient pas.
Cela dit, le lendemain, j’ai écrit plus de 3000 mots et ai donc presque résorbé mon retard. Un chiffre record, en à peine trois heures. Car, vous allez rire, mais j’ai passé la journée à faire le ménage, sans penser du tout à mon roman, m’étant faite à l’idée que j’avais abandonné le NaNo. Je pense que ça m’a aidé, cette pause à m’occuper de tout autre chose et surtout ce lâcher-prise avec la décision d’arrêter.
J’ai donc relevé le défi et ai écrit les 50.000 mots (et plus) (ah oui, on reçoit un « diplôme », comique, non ?) nano2mais je ne suis absolument pas satisfaite de ce que j’ai rédigé. Ce roman ne comporte pas cette petite musique poétique qui caractérise mes récits, et c’est bien dommage. Je sais que ma relecture va être ardue et l’idée de devoir revoir la cohérence, le style ne m’emballe absolument pas.
C’est pourquoi ce sera ma première et dernière participation : si au départ, ça m’a bien motivée, j’ai détesté cette sensation de devoir écrire pour écrire parce qu’il fallait combler le retard. Pour moi, le délai acceptable d’un premier jet bien construit, réfléchi, se situe entre trois et six mois.
Et pour vous, ça s’est passé comment, le NaNo ?

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32 réflexions au sujet de “Mon premier NaNo : le bilan”

    1. Merci. Je n’ai pas trop apprécié cette expérience, mais comme je suis têtue, je voulais aller jusqu’au bout (oui, le 28, j’ai abandonné, mais finalement, j’y suis revenue). J’appréhende vraiment la relecture, parce que je ne me souviens plus de ce que j’ai écrit il y a à peine une semaine, j’espère que le tout est cohérent et pas nul et chiant. 😛

  1. Bravo, ça reste une performance !
    En ce qui me concerne, ma participation ne restera pas dans les annales, mais m’aura au moins permis de prendre un bon départ dans mon nouveau roman. Comme toi, je me suis rendu compte que le NaNo n’est pas quelque chose qui me convient parce que je suis plus du genre « lentement mais sûrement » (sans non plus tomber dans l’excès) et que les perturbations extérieures sont davantage un problème pour moi (voir là pour le détail : http://thomasbaronheid.wordpress.com/2014/11/16/pourquoi-je-vais-echouer-au-nanowrimo-et-autres-reflexions-premiere-partie/).
    Bravo encore 😉

  2. Belle expérience et sacrée performance ; je ne suis pas surpris que ta pause « abandon » t’ait redonné l’influx = décider que tu avais abandonner t’a certainement débarrassé du stress « Mais-est-ce-que-je-vais-trouver-le-temps-de rattraper-le-retard » et du coup tu t’es vraiment reposé pendant une journée.

    C’est intéressant, il doit y avoir des barrières qui tombent quand on s’impose d’écrire un tel volume tous les jours.
    Pas de nano pour moi, en tout cas pas avant quelques années…faire dans la semaine 700/800 mots dont je sois content reste mon petit défi perso (et je ne suis pas toujours content).

    1. C’est vrai, je me suis vraiment changé les idées : ranger, aspirateur, laver, couper un rideau, installer le sapin de Noël, coller des photos dans un album,…

      Je ne sais pas s’il y a des barrières qui tombent, en tout cas, moi je tombais dans mon lit, complètement crevée, à la fin de la journée. 😀

  3. Je l’ai fait et bouclé l’année dernière mais la sensation de « devoir écrire » ne m’a pas donnée envie de recommencer.
    J’écris régulièrement mais en 1 mois, 50 000 mots, heu, non (de plus, compter en « mots » et non en caractères, est assez stupide^^).

  4. Intéressante ton expérience, j’avoue que ce NaNoWriMo m’intriguait ! Ton récit prouve que je n’en suis absolument pas capable et que je vais aller porter ma curiosité ailleurs ^^

        1. Merci ! Et c’est mon roman de sorcières, tu vois, j’ai suivi ton conseil et développé ma nouvelle (enfin, je suis partie d’elle pour écrire une suite, avec de nouveaux personnages).

  5. Bon ben tu as fait mieux que moi, alors. Félicitations, d’ailleurs ! Même avec beaucoup à retravailler derrière, c’est quelque chose de parvenir à se fixer un tel rythme, pas sur quelques jours, effectivement, mais sur un mois entier dans lesquels les aléas de la vie et obligations qu’on ne peut pas repousser durant un mois entier font que, plus le temps passe, moins ça devient évident, souvent.
    J’ai regardé, du coup : j’ai fait deux nanowrimo : le premier sur un projet de roman qui végète toujours depuis 2011, et le deuxième sur aucun projet particulier (tous les projets confondus) et je n’ai jamais dépassé les 10 000 mots dans les deux cas (et tout a fini à la poubelle derrière, à chaque fois).
    A l’arrivée, tu l’as terminé, ce roman, du coup, ou pas du tout ?

    1. Merci – mais ce fut bien pénible.
      Han ! Tout a fini à la poubelle ? Pas trop de sensation de gâchis ? En même temps, quand on estime que ce n’est pas bon, c’est vrai que c’est mieux de virer.
      Eh bien, il est presque terminé. 🙂 Après une première relecture qui a montré qu’il n’y avait pas d’incohérence (c’était toujours ça de pris), deux-bêtas lecteurs l’ont lu et n’ont pas été tendres (mais ils avaient raison). Suite à leurs conseils, j’ai rédigé une seconde version, c’est-à-dire que j’ai supprimé toute la romance (elle prenait trop le pas sur l’intrigue et n’était pas logique) et j’ai ajouté plusieurs chapitres sur le passé de trois des personnages. Je suis pour le moment dans ma dernière relecture – essentiellement pour le style car d’après une bêta, il y avait des passages fort brouillon qui détonaient de mon style habituel – et je suis contente car effectivement, avoir retiré la romance donne plus de force à l’histoire. Mais cette dernière étape avance doucement, je relis quelques pages seulement par jour, pour bien rester concentrée.

  6. Si, quand même, mais pas tant pour les pages en elles-mêmes : même si ça n’a rien donné, ce sont des pages que j’ai eu plaisir à écrire et qui m’ont servi à développer mon univers (c’est un univers de SF, donc écrire dessus, même comme ça, le nourrit). Par contre, j’ai eu vraiment une sensation de gâchis par rapport à l’investissement personnel : je me suis stressée pour ce wordcount, je me suis mis la pression, j’ai pris sur des moments que j’aurais pu consacrer à autre chose ou vivre autrement… Bref, ça ne valait pas le coup.
    Et c’est super !!! J’ai énormément d’admiration pour les auteurs qui parviennent à faire quelque chose de concret de leur nano, parce que nombreux sont ceux qui y participent, mais je peux compter sur les doigts d’une main les romans que je connais étant parus à la suite d’un nano. Bravo. 🙂
    Après, parait-il que c’est un exercice qui demande un certain entraînement. Ma co-auteur de blog, Hope, fait le nano depuis des années et fait maintenant des premiers jets bien plus solides, sur lesquels elle a bien moins de travail à faire, etc. Astuce : elle ne le fait pas sur un début de projet mais sur des romans bien entamés à chaque fois (donc sur lesquels les personnages, l’univers, le scénario, etc., sont déjà bien solides).

    1. Effectivement, dans la littérature de l’imaginaire, écrire nourrit toujours l’univers, donc ça n’est pas perdu. Et puis, finalement, ça ne l’est pas forcément en littérature générale non plus, puisqu’on a exercé sa plume. Oui, le stress engendré et les conséquences sur la vie perso indiquent que ce genre de défi ne nous convient pas. Travailler un peu sous pression, avec des délais, oui, mais pas à s’en rendre malade.
      Oh, bah, je ne sais pas s’il sera publié (croisons les doigts) mais au moins je serai arrivée au bout de mon projet, dans un univers que je ne maîtrisais pas (les sorcières).
      Oui, j’ai lu quelques articles de Cécile Duquenne à ce sujet – mais il faut dire qu’elle prépare absolument tout, la moindre nouvelle est planifiée dans les moindres détails.

  7. Bein bravo. Je connais NaNoWriMo depuis heu je ne sais plus. Quelques années. J’ai été tenté de me lancer mais comme je me connais bien depuis quelques années aussi en ce qui concerne ma régularité, je ne l’ai pas fait. Je devrais peut-être, deux-mille mots par jour c’est faisable. Reste un problème majeur : il faut que les écrits aient un sens et ça c’est pas mon fort. Et je n’aime pas me forcer. Je crois que je ne vais pas le faire finalement, je me sens déjà fatigué par toutes ces obligations et la comptabilité qui va avec. Je suis d’autant plus admiratif envers ceux qui ont réussi comme toi. Bravo !

    1. Merci ! Mais comme tu pourras le lire par la suite (si tu cliques sur le mot-clé Héritage captif), je n’ai pas été convaincue par le résultat.
      Je préfère me fixer des délais, genre avoir terminé autant de signes avant la fin du mois, ou, quand le roman est avancé, le finir avant une telle date.

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