Créativité

Tant attendu

La première fois que je l’ai vu, dans son landau, mon cœur s’est enrayé. Ce poupon, tant fantasmé – nous avions imaginé son enfance, son adolescence, ses passions, les matchs de foot, les spectacles de danse, les pièces de théâtre, les rébellions, les interdits sans complaisance, les limites qu’on repousse, les pardons, et surtout, tout l’amour qui nous lierait.
C’était en novembre 2017.
J’errais, à la recherche de mes évanescentes étoiles, et il était là. Juste là. Je pouvais le toucher, le humer, le bercer, l’embrasser.
Je ne savais pas, au début, qu’il n’existait que dans mon esprit. Et, même lorsque je l’ai compris, la perspective de retourner dans ce monde si gris, sans vous, m’a convaincue de la réalité de mes douces illusions.
Retrouver mon bébé. Notre bébé.
Toi, je ne t’ai jamais revu.

Les mots imposés : étoile – complaisance – football – perspective – novembre – passion – poupon

Les textes de Josée, Dan Gazénia, Marlabis, Max-Louis, Guillemette, Adrienne, jamadrou, patchcath, latmsophérique

30 réflexions au sujet de “Tant attendu”

    1. J’ai hésité, avec ce texte, car il n’est réellement compréhensible dans son contexte – mais le mot poupon m’a poussée dans cette direction.
      C’est le même personnage que pour les autres textes, elle a vécu un double deuil, dont un périnatal. Pour résumer grossièrement, elle a des hallucinations.

        1. C’est ce que j’avais imaginé également… des hallucinations! Ce mot « poupon » nous a donné du fil retordre! lol

  1. Parfois fuir la réalité, rester dans sa bulle d’illusions nous aide à survivre Olivia. Un temps, parce qu’après la folie nous guette. Et il faut revenir à la vie. Mais un temps à la fois.
    Belle journée

  2. J’apprécie ce texte plein d’émotion auquel j’adhère pour l’avoir vécu…j’ai gardé »le poupon » , seule, et je ne regrette pas , puisqu’il me demandait de faire un choix! A priori , impossible. J’ai tout assumé, et à 18 ans , mon « poupon » est allé vivre avec lui, et sa « belle mère » du jour au lendemain…Mais revenu , un an plus tard, car je sais pardonner. Depuis…la femme de mon fils m’a privé de mes petits enfants par « jalousie »! La vie est un éternel recommencement. Mais, je me sens coupable d’être une sentimentale l passionnée à vie ! Guéri , c’est impossible. Une cicatrice fait souffrir jusqu’au bout du chemin.
    Merci pour ce texte qui me touche.
    Dan

  3. Il a fallu que je lise ce texte à deux fois pour bien le saisir. Ca dû être très difficile de revenir à la réalité! Pauvre elle!

  4. Un texte beau et poignant.
    Avant la naissance d’un bébé on est souvent deux à imaginer ce que sera notre enfant
    mais quand la vie ne veut pas de nos rêves : le bébé ne deviendra jamais grand et le compagnon aimé disparaîtra
    Maintenant la voilà seule avec ses douleurs, elle avance tant bien que mal vers l’hologramme du bonheur.
    Un jour, je le crois, elle retrouvera une nouvelle réalité rêvée

  5. Bravo pour ton texte, court, mais si empli de douleur. On a le sentiment de vivre les émotions de la femme tant elles sont bien exprimées.

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